Émojis et accessibilité : les bons réflexes à adopter
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Ils sont partout. Dans les SMS, les mails, les publications LinkedIn, les messages professionnels et même dans les comptes rendus de réunion. Un sourire pour adoucir une phrase. Un cœur pour montrer qu’on aime. Un éclair pour donner du peps. Trois pouces pour clôturer un e-mail et décrocher un sourire à votre collègue préféré. Et parfois… toute une ribambelle de petits personnages censés exprimer ce que les mots n’ont pas réussi à dire. Le problème ? Pour une personne qui utilise une synthèse vocale, votre sympathique collection d’émojis peut rapidement prendre des airs de discussion codée.
Un émoji n’est pas silencieux
On pourrait croire qu’un émoji n’est rien de plus qu’une petite image. Pour une personne aveugle ou malvoyante qui utilise une synthèse vocale, c’est une autre histoire : chaque émoji possède une description textuelle que la synthèse vocale va lire.
Prenons un exemple :
« Chez Atingo, c’est la rentrée ! 📚
Nous reprenons nos activités avec de nouveaux projets 💡
et nous sommes heureux de vous retrouver 🤝. »
Visuellement, rien de bien méchant.
Mais pour une personne qui utilise une synthèse vocale, les trois émojis seront eux aussi annoncés. Le message reste parfaitement compréhensible, mais il s’allonge.
« Chez Atingo, c’est la rentrée ! … [Livre]
Nous reprenons nos activités avec de nouveaux projets …[ampoule électrique]
et nous sommes heureux de vous retrouver … [poignée de mains]…»
Si l’on veut faciliter la lecture pour tout le monde, mieux vaut donc placer un ou deux émojis à la fin d’une phrase. Même ambiance, mais moins de gymnastique pour la synthèse vocale.
L’émoji est tout sauf un langage universel parfait
Voyez-vous le mauvais œil ou une cible dans un dessin circulaire bleu 🧿 ? Et un drapeau jaune et vert désigne-t-il un fanion d’équipe, une flèche vers le bas ou un symbole japonais de débutant 🔰 ? Et finalement… ce bonhomme avec la tête à l’envers exprime-t-il l’ironie, la résignation ou un discret « au secours » ? 🙃
Voici un piège particulièrement fréquent et sournois : croire qu’un émoji signifie forcément ce que l’on croit.
Un symbole évident pour l’un peut signifier tout autre chose pour l’autre, que ce soit pour des raisons culturelles, générationnelles, ou liés à la multiplication des plateformes illustrant les émojis de façon différentes (IOS, Android, Windows, etc.)

L’émoji n’est pas un mot. Et encore moins un chiffre.

Evitons de demander aux émojis de faire le travail des mots. Remplacer un terme par un symbole peut sembler évident pour celui qui écrit. Ça l’est beaucoup moins pour celui qui lit, notamment lorsque le contexte manque.
Même prudence avec les chiffres. Deux émojis représentant le chiffre 7️⃣ ne donneront pas nécessairement « 77 » à la personne qui utilise un lecteur d’écran. Ils pourront être vocalisés comme « deux touches clavier 7 » rendant l’information bien plus énigmatique.
La règle d’or : testez le message sans les émojis
Le meilleur test est finalement très simple : supprimez mentalement tous les émojis de votre publication. Est-ce que vous comprenez toujours le message ?
Si oui, parfait. Foncez ! Si votre phrase ressemble soudain à une énigme digne d’un escape game, il est peut-être temps de remettre quelques mots. 😉
Pour rendre vos publications plus accessibles, retenons donc quelques réflexes :
- Évitez les longues séries d’émojis.
- Placez l’émoji à la fin de la phrase ou du message.
- Assurez-vous que le message reste compréhensible sans émoji.
- Vérifiez que la description de l’émoji correspond bien à ce que vous voulez dire.
- N’utilisez pas les émojis pour remplacer des mots ou des chiffres.
Alors, faut-il déclarer la guerre aux petits visages jaunes ? Non. Et heureusement !

Les émojis peuvent apporter de l’émotion, préciser une intention ou ajouter une touche d’humour à un message écrit. Ils peuvent aussi être utiles dans certains contextes de communication.
Pour certaines personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme, les mots, les images ou les symboles peuvent notamment contribuer à faciliter la compréhension des émotions et des intentions.
L’objectif n’est donc pas de bannir les émojis, mais de les utiliser avec un peu de mesure. Après tout, un petit sourire peut faire beaucoup de bien. À condition de ne pas obliger le lecteur d’écran à en faire toute une histoire. 😅